Session 2015 des soutenances pour l’obtention du DNSEP mention conservation-restauration

Soutenances publiques pour le Diplôme National Supérieur d’Expression Plastiqueoption artmention conservation-restauration au grade de Master II, le 22  (mémoire) et 23 ( projet) Juin 2015.

EPCC – ESAA 500 Chemin de baigne-pieds BP 20917
84090 Avignon cedex 9 Tél : +33 4 90 27 23 55
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             Cette année, six candidat(e)s postulent à l’obtention du DNSEP / option art mention conservation-restauration de biens culturels, au grade de Master II. Conformément aux orientations thématiques de l’Ecole Supérieure d’Art d’Avignon, ils présentent face au jury* des mémoires et des projets centrés sur l’examen et le traitement d’artefacts inscrits dans le champ de l’art contemporain et des objets dits ethnographiques.

Depuis l’irruption des ready-made de Marcel Duchamp, l’analyse des productions artistiques contemporaines requiert de prendre en considération les conditions situées de leur existence et les usages qui en déterminent l’appréciation. D’orientation résolument pragmatique, cette approche enjoint le conservateur-restaurateur de formuler un double constat. Concernant l’art contemporain, les modalités particulières d’activation et d’interaction de ces productions posant à nouveaux frais la question de l’oeuvre, obligent à en reconsidérer l’ontologie. Concernant les objets dits ethnographiques, la distinction patrimoniale des artefacts issus de cultures spatialement et/ou temporellement distantes, a pour effet une altération de leurs qualités initiales au profit d’une vision ethno-centrée des conditions de leur pérennité et des attachements qui en légitiment la conservation.

Dans ces conditions, comment la conservation-restauration parvient-elle à éviter l’écueil de la réification de choses mouvantes, dynamiques, inscrites sur une trajectoire temporelle, en proposant des solutions adossées à une expérience des biens culturels de nature à la fois cognitive et sensible ? Reposant en grande partie sur une démarche d’enquête, les travaux réalisés cette année donnent à cette question toute sa portée en proposant, via un recours approprié aux méthodes des sciences sociales, des solutions ajustées au traitement d’artefacts de nature hétérogène.

• Frédéric BOUTIE a abordé les enjeux de la conservation-restauration d’une création vestimentaire de prêt à porter en matière plastique, conservée dans une collections publique belge. Pour ce faire, il ne se limite pas à la seule considération de ses matérialité et technicité, mais intègre à sa réflexion critique la relation du vêtement au corps désormais absent et mobilise un autre exemplaire de veste du même couturier.

• Mathilde CHASSAGNEUX se penche sur un film expérimental  d’artiste, dont il ne reste plus aujourd’hui que deux copies différemment incomplètes, mais qui permettent néanmoins d’envisager une restauration de l’occurrence originelle au prix de sacrifices mesurés.

• Emmanuelle FAU  passe au crible les processus de patrimonialisation et d’artification qui sous-tendent la biographie d’une maquette en bois de la tour Eiffel aujourd’hui déposée au Mémorial de la Shoah., fabriquée en 1939 dans la plus grande indigence par un groupe de réfugiés politiques espagnols détenus dans le camp de Gurs.

• • Laetitia  DUFOUR et Seungmin LEE ont tous deux pris en charge l’étude d’une paire d’objets  “ethnographiques” issus de cultures non européennes et conservés dans des musées publics.  La première, deux masques provenant de sociétés traditionnelles de l’actuelle Côte d’Ivoire, pour tenter de les revisiter à l’aune d’un comparatisme hérité de Claude Lévi-Strauss et de méthodes propres à l’archéologie. Le second, deux couvre-chefs laqués japonais, en support d’une proposition qui puisse concilier des approches occidentale et asiatique divergentes en matière de conservation-restauration des laques orientaux.

• Léa STROPPOLO analyse une oeuvre in situ – le Domaine des Orpellières investi dans les année 1990 par l’artisite Dado – dont le « sauvetage » via le recours à la numérisation du site, met en lumière une situation de conflit entre des logiques patrimoniale et artistiques, néanmoins conciliables selon des propositions d’atténuation ou de résolution.

              Loin de s’en tenir à de simples considérations matérielles, chacune de ces enquêtes montre que le caractère prospectif du travail de conservation-restauration repose sur l’identification des multiples fonctionnement référentiels – originels, actuels ou futurs mais toujours transitoires – qui instruisent la reconnaissance des biens patrimonialisés et/ou muséalisés.

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 Defense for DNSEP option art, mention conservation : 2015

6 candidates.

There are six candidates for obtaining this year the DNSEP / mention conservation of cultural property, presenting varied works of study, research and production, in accordance with the ESAA training cursus identity and its special attention to the fields of contemporary art and ethnographic objects.

Since Marcel Duchamp and his readymades, the critical approach of many contemporary productions requires to pay attention to their contextual conditions of functioning and use. The various ways of activation and interaction that are involved in these conditions lead to reconceive their ontology and the very question of the “artwork” as such. In addition, the cultural property valuing has the effect of depriving the artifacts that are concerned of their variable cultural dimension in favor of an exclusive vision.

This situation obliges the conservator to take into account the necessary contribution of special fields of inquiry at the cross road of social sciences and conservation. Beyond the only material consideration of an Heritage artifact, the prospective nature of the work carried out in M2 opens onto an investigation of the conditions of its original, transitory, actual and future features, as they participate of its identity and its existence.

How to avoid the pitfalls of reification by providing solutions in relation with an experience of the cultural property both more cognitive and pragmatic ? The works of this year give to such a question its full scope by giving it a meaningful contribution.

* Composition du Jury:

  • Jean-Roch Bouiller, docteur en Histoire de l’art, conservateur du patrimoine chargé de l’art contemporain au MUCEM, président,
  • Gilles Carle, diplômé de l’Institut du son et des techniques du spectacle, chef des services techniques et de régie au Centre Pompidou,
  • Thierry Lalot, docteur en chimie, Professeur HDR responsable de la formation en CRBC à l’Université Paris I – Panthéon-Sorbonne,
  • Gaspard Salatko, docteur en ethno-sociologie, professeur et coordinateur de l’année M2 à l’ESAA,
  • Alfredo Vega, doctorant en conservation-restauration à l’Université Paris I Panthéon- Sorbonne, conservateur- restaurateur et philosophe,

G. Salatko, M. Maire, avec la contribution de J.P. Cometti.

ESAA 05. 2015

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http://seminesaa.hypotheses.org/etudiants-m2/objet-de-recherche

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OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Marc MAIRE (10 juin 2015). Session 2015 des soutenances pour l’obtention du DNSEP mention conservation-restauration. Semin'R. Consulté le 18 juillet 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/tz6k


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